12.09.2009

Une histoire d’anthologie (incomplète) de la jeune poésie française, à acheter, précommander, offrir

image illustration anthologie

 

Oyez, oyez,

C’est un jour de cabriole pour ma plume !

Version courte de l'auteur flemmard : 10 de ses envolées ancrées ont été retenues en compagnie d’autres. Cliquez ici pour avoir plus de détails et précommander l'anthologie.

Version longue de la plume badine :

 

Poésie

élans
du coeur

mots du sang
à maux des fleurs

cris
de l'esprit

paysages lettrés
paysages musés

frêles lunes dépouillées
vie emmaillotée

instants portés aux nues
histoires des déchus

gouttes d'encre sur le parvis
essence de la rose mêlée à l'écume

bouche de la plume
pages de la vie

abscons fils
ou clairs aux nus

saisons qui défilent
instants de l'humain suspendus...

 

Un tout dans lequel chacun trempe et extirpe ses vers pour lui soustraire quelques parcelles, guidé par une muse qui fait de poussière tout un univers, qui se nourrit et nourrit dans une farandole mystérieuse, qui tour à tour embrase l'étincelle de l'amour, envole la morte, tombe le faux de son piédestal, explore les abîmes, transporte jusqu'aux étoiles, amène dans un labyrinthe de paysages lettrés, déracine pour mieux enraciner, montre le chemin vers l'origine et tombe le voile de la destination...

Trêve de plumage, je vous « invite » à découvrir une tranche de la mienne et des merveilles d'autres de pains d'âmes réunies dans un recueil baptisé : Anthologie (incomplète) de la jeune poésie française

Pointez votre mire et votre souris par ici, pour verser votre « obole », afin d'acquérir une preuve encrée de cette aventure collective ; un beau cadeau pour les amateurs d’envolées lyriques.


P.S : Les poètes et poétesses déclamant leurs vers au clair de lune ne sont pas compris dans la « formule ».

 

29.06.2008

Suite roman à suivre, poème, appel à textes, jeu d'écriture...

Bonjour-soir !

J'ai l'impression qu'à Toulouse nous avons traversé un printemps 2008 comme un vol à travers une farandole de nuages gris, mais l'été est bien là avec son soleil d'airain. Je souhaite par avance bonne escapade estivale à ceux qui vont en profiter, bon courage aux autres.

Au passage, je me permets de faire un appel à texte pour la rubrique poème du jour http://coeurromantique.free.fr/poemedujour.htm en lien, affiché sur différents sites (liste des sites en rapport, ici : http://coeurromantique.free.fr/listesitesenpoemesdujour.htm).

Je souhaite y mettre avant tout des poèmes sur l'été (nature, amour ayant commencé un jour de vacance, bain d'étoiles, été=3ème saison de la vie d'un Homme etc), de près ou de loin, mais si vous avez la plume qui a vagabondé sur d'autres muses, n'hésitez pas : http://coeurromantique.free.fr/poemedujourenvoi.htm

A propos des poèmes du jour, voilou le seul "vrai" nouveau poème qui y sera publié en juillet (les autres qui vont y être mis l'ont été l'année précédente, voire il y a 2 ou 3 ans) : http://coeurromantique.free.fr/poemedujour180708.htm

Pour ceux qui auraient l'élan, l'envie, la plume agitée, je vous invite à participer à un nouveau jeu d'écriture, un poème collectif. C'est par ici que ça se passe :

http://touga.20six.fr/touga/art/71130675/Jeu_de_vers_une_...


Enfin, une nouvelle suite du roman à suivre "Les pages déchirés" attend vos yeux de lecteur(/trice). 

Pour (re)lire la première partie, cliquez ici

Pour (re)lire la seconde partie, cliquez ici


Suite 2 chapitre 1 du roman à suivre
'Les pages déchirées'


A même le sol, au milieu de bric et de broc, au milieu de ce qui était, pour lui, des babioles, trônait une plume dorée. Elle sembla l'appeler comme la mer attire le regard du marin, comme le rêveur se tourne vers la lune au sein du dôme étoilé. Il ne put résister et s'approcha.

- Beau jour monsieur ! N'est-il pas ?! Je m'appelle Shakire Jackson, dit le découvreur de merveilles ! J'vous fais une ristourne si vous m'prenez cet'amante de la page avec cette sculpture du 19ème qu'mon arrière grand-père maternel a obtenu en travaillant auprès du grand Rodin en personne ! proposa d'emblée le drôle d'antiquaire qui avait remarqué la direction du regard de Greendle.

Ses paroles exprimées d'une traite, son débit rapide, son accent d'ailleurs, sa tenue digne d'un fakir et la peau ridée au teint rosi de ses mains et de ses avants bras dénotant avec la peau halée de son visage, du fait des années passées sous le ciel français, enlevaient un peu de crédibilité au sens des mots du vendeur dont l'âge avoisinait les quarante ans. Greendle esquissa néanmoins un sourire amusé tout en restant bouche bée sur l'instant.

- Oh, je sais, je fais un peu boutiquier des milles et une nuit ! répliqua le vendeur à l'air lourd de sens de l'homme devant lui. Mais j'vous garantis la provenance de ce qu'j'vends ! Ajouta-t-il sans se dépareiller de son sourire.

Son aplomb ne convainquit pas l'anglais, il se hasarda cependant à rentrer dans l'échange vocal... Il fit un signe de tête entendu, reporta son regard intéressé sur la plume tout en formulant quelques sons.

- J'aurais préféré acheter uniquement cette plume. Combien...

- Oh, maille lord ! coupa le vendeur. Uniquement cette plume ? J'ai bien vu qu'elle vous intéressait, mais si j'vous ai fait cette proposition c'est qu'elle a une grande valeur et accompagnée d'un trésor de plus grande valeur ça vous aurait fait un prix d'ami !

L'anglais lui lança un regard légèrement exaspéré à la mention du lord, exaspération qui s'intensifia devant la volonté manifeste de lui soutirer beaucoup de ses euros.

- Pour tout vous dire, la plume a appartenu à un alchimiste du moyen-âge, enfin deux. Elle aurait été faite par Saint Thomas d'Aquin puis se serait retrouvée, deux siècles plus tard, aux mains de Paracelse. Si vous...

- Je suis désolé, je crains de ne pas avoir la bourse et je n'ai plus le temps de... bavasser. Je dois y aller. Serez-vous là demain ? coupa Greendle.

- Une bourse ? Vous n'en avez pas deux, comme tout le monde ? Et oui, je serre bien la main !  taquina Shakire qui tendit la main.

Greendle fit de gros yeux éberlués. Interloqué le temps de deux battements de coeur, il finit par tendre la main à son tour pour une poignée vigoureuse.

- On se voit donc demain ?! Oh, fait, moi c'est Greendle ! lâcha-t-il avant de tourner les talons et de prendre ainsi congé.

- Enchanté Greendle ! Que les portes du jour qui s'ouvrent à vous le soient sous une prairie clairsemée de fleurs enivrantes ! lui souhaita l'antiquaire sur un ton amical.

Notre jeune photographe-reporter commença à tracer sa route avec une démarche altière qu'il changea en pas simplement pressés lorsqu'il mit les pieds sur le trottoir du boulevard de Strasbourg. Sa journée de travail avait virtuellement commencé et il lui aurait fallu pouvoir pagayer plus vite sur le cours du temps pour en rattraper. Il faut dire que le menu était bien chargé (séances photographies, scribouillage d'articles, corrections, réunions avec les collègues, échanges de mails avec le responsable éditorial du journal anglais...) mais la seule conséquence de son retard fut qu'il ne put se faire la séance de cinéma qu'il espérait et il rentra plus tôt que prévu dans son appartement pour se faire à manger, si éplucher des légumes, effeuiller une salade et réchauffer le contenu d'une conserve peut-être considéré comme tel.

Après avoir rassasié l'appétit de son ventre, il mit la vaisselle dans l'évier et alla consulter sa boîte à mail. Un message de son amie Liloo l'y attendait. Elle lui confiait son humeur du moment et un nouveau poème sur l'éclosion des étoiles dans l'univers et leur destinée, une allégorie avec les fleurs d'un jardin sauvage. Il apprécia la lecture mais ne se sentit pas de lui répondre dans la foulée, d'autant plus que la lecture d'un troll sur un blog de poésie dédié à Lord Byron le fit sortir de ses gonds et accapara toute son attention. Peu habitué à rentrer dans la polémique, la considérant futile, « phagocyteuse » de temps et d'énergie, il se sentit obligé de réagir pour défendre ceux qu'il aimait lire, et surtout en pensant à son amie-du-net japonaise qu'il considérait comme une digne poètesse contemporaine...

Le trublion, le provocateur avait traité les poètes de parasites, utilisant, détournant, pour sa généralité, la biographie du poète à l'honneur. Par la raison, Greendle voulut s'efforcer de ne pas être trop cinglant, de ne pas être trop subversif dans sa réponse, mais il eut du mal à réfréner son envie de piquer dans le vif l'auteur du message.

« Il faut avoir la conscience moyen-âgeuse pour se permettre de traiter les poètes de parasites. Un poète donne de lui sur le papier, il met de son regard, de ses tripes, de son âme, du monde. Il vous retourne, il vous transporte si ses textes vous parlent, trouvent écho dans vos grottes, vos profondeurs. C'est un travailleur de l'essence de vie. On ne peut pas en dire autant de certains travailleurs et encore moins de certaines entreprises qui font leur beurre de manière discutable, d'un point de vue philosophique ou non. Mais même pour eux, taxer de parasitisme ce serait ignorer le sens du mot et se prendre pour dieu le père.

Green, l'anglais scribouillard expatrié en France »

Il se relut et cliqua sur « Send / Poster »...

Un peu soulagé d'avoir pu exprimer son point de vue, mais toujours un peu échaudé, il éteignit son ordinateur et prit l'air en compagnie du livre qu'il avait acheté au bouquiniste en début de matinée...
Il élut temporairement domicile non loin du jardin du grand rond qui venait de fermer ses grilles, sur un banc de pierre où il commença à feuilleter le livre de Victor Hugo. Bien vite, les yeux ne pouvant plus faire leur office comme il faut sous la lumière évanescente, peu aidée par les lampadaires pour luter contre le voile de la nuit, Greendle se choisit un bar où il y dévora une trentaine de pages avant qu'il y ait trop d'affluences. Il termina dans son lit sa tranche de lecture, le chapitre qu'il avait entamé, et rejoignit la rive de l'impalpable en se laissant bercer par les vagues d'une mélodie lancinante...

La brume se lève sur une île, au point d'envelopper les étoiles dans le ciel. Seule la vue d'une grotte persiste. Elle semble loin et proche à la fois. Greendle avance vers elle. Étrange. Il a l'impression de ne plus sentir le sol, ce n'est même pas comme s'il s'était dérobé. Vole-t-il ? A peine s'est-il posé la question qu'il se retrouve nez à nez avec un diablotin qui allume un feu au dessus d'une brochette de coeurs. Le diablotin, au nez gros comme un pif, aux noisettes globuleuses et aux oreilles pointues, lui est étrangement familier. Et malgré son rituel macabre, il ne le sent pas menaçant, du moins ne lui prête-t-il pas attention. L'anglais poursuit sa route vers l'antre de la grotte lorsque, soudain, une vague le submerge...

à suivre / to be continued

© Pascal Lamachère - Juin 2008